CE QUI DISTINGUE NOTRE PARTI: La ligne qui va de Marx à Lénin, à la fondation de l'Internationale Communiste et du Parti Communiste d'Italie (Livorno, 1921), à la lutte de la Gauche Communiste contre la dégénerescence de l?Internationale, contre la théorie du "socialisme dans un seul pays" e la contre-révolution stalinienne, et au refus des froints populaires et des blcs partisans et nationaux; la dure uvre de restauration de la doctrine et de l'organe révolutionnaires au contact de la classe ouvrière, en dehors de la politique personnelle et électoraliste.
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À Minneapolis et dans ses environs, on meurt à cause de l'État

Les deux récents meurtres de sang-froid commis par des agents de l'Immigration & Customs Enforcement (ICE) et de la United States Border Patrol (USBP) à Minneapolis (Minnesota) ont suscité à juste titre une grande colère et provoqué des mobilisations un peu partout aux États-Unis : des mobilisations spontanées, qui ont fait suite aux nombreuses initiatives, elles aussi spontanées, qui se sont succédées au cours des semaines précédentes et qui visaient à entraver l'action répressive menée par l'ICE et l'USBP. Le fait qu'un nombre croissant de personnes ressentent le besoin de réagir à ce qui se passe est bien sûr positif. Cependant, cela devra s'accompagner (notamment sous la pression de contradictions matérielles violentes) d'une prise de conscience plus claire de certaines questions fondamentales.

L'ICE et l'USBP sont des agences fédérales, c'est-à-dire le bras armé de l'État central. Il s'agit donc de structures destinées à la répression, indépendamment des gouvernements en place, qui sont eux-mêmes des extensions du comité d'affaires de la classe dominante. Telle est leur fonction dans une société divisée en classes comme l'est la société du capital, du profit et de la concurrence sauvage. En effet, l'État n'est pas un organisme au-dessus des parties : c'est une structure articulée qui répond directement aux besoins de survie du pouvoir bourgeois, et qui agit donc dans le sens de réprimer toutes les manifestations susceptibles de menacer le bon déroulement de l'activité capitaliste principale, à savoir l'extraction de plus-value.

La répression contre les prolétaires migrants et ceux qui les soutiennent fait partie intégrante de cette activité de l'État et obéit aux phases alternées de l'économie capitaliste : ce n'est pas un hasard si elle s'est manifestée, avec plus ou moins d'intensité selon les cas, sous tous les gouvernements qui se sont succédé – une constante qui s'est accentuée avec l'entrée du capitalisme dans sa phase impérialiste. Les États-Unis ne font certainement pas exception : au contraire, en tant que principal pays impérialiste, ils sont le modèle dont s'inspirent tous les États pour mettre en ?uvre la répression anti-prolétarienne. Que certains gouverneurs, maires, administrateurs et politiciens locaux bipartisans agissent parfois de manière critique à l'égard du pouvoir central (pour ensuite, si nécessaire, se remettre au pas !) ne change rien à la nature et à la fonction de ces organes étatiques. C'est un jeu de rôles qui obéit à l'impératif susmentionné.

Les manifestations contre la répression brutale sont importantes, et bienvenues ! Mais elles doivent aller au-delà de la réaction spontanée, instinctive et immédiate. Elles doivent donc se doter non seulement d'une organisation stable, capable de survivre dans le temps face à l'aggravation inévitable des contradictions engendrées par la crise économique et sociale, mais aussi et surtout d'une perspective politique qui, s'appuyant sur une analyse précise de ce qui se passe et renouant avec une tradition de lutte qui remonte à loin (oui, messieurs : depuis 1848 !), puisse orienter et guider le spontanéisme de l'indignation et de la colère vers l'objectif suprême de l'abolition du mode de production capitaliste et de son bastion armé : l'État avec ses appendices institutionnels et politico-syndicaux. Sinon, on s'engage dans l'impasse d'autres massacres et d'autres effusions de sang inutiles.

Les environs de Minneapolis sont partout, et nous travaillons pour que ces objectifs soient enfin atteints.

2/2/2026

INTERNATIONAL COMMUNIST PARTY PRESS