mercredi, 25 mai 2022

En Ukraine comme partout, face à la guerre impérialiste, le mot d’ordre doit être: défaitisme révolutionnaire contre toutes les bourgeoisies et leurs États !

La guerre est le milieu propre au capitalisme: impérialisme signifie en effet, concurrence internationale accrue, guerres commerciales acharnées, exportations de capitaux qui entrent inévitablement en compétition, contrôle des sources de matières premières et des voies pour les transporter en excluant les concurrents, jusqu’à l’explosion incontrôlée de conflits, d’abord locaux puis plus étendus, et, en perspective et en présence de conditions matérielles favorables et nécessaires, à une échelle mondiale.

Actuellement, les relations entre les principales puissances impérialistes expriment les contradictions qui sont issues de la crise économique mondiale  qui suit son cours et s’aggrave: elles nécessitent de nouveaux rapports de force. Les États-Unis d’Amérique (économiquement en déclin, mais militairement agressifs) ne peuvent plus tolérer que les autres puissances érodent leurs aires d'influence; ils ne peuvent surtout pas supporter  que l’Allemagne, la France, et même l’Italie puissent faire des affaires avec la Russie et la Chine, se libérant ainsi de la vieille domination étatsunienne.

Naturellement, le prétexte de la guerre est toujours le nationalisme, cause ultime de tout conflit possible, et le fumier où il prospère se trouve justement dans les zones de rencontre et de confrontation entre les sphères d’influence: le dernier prétexte étant la lutte entre les nationalismes ukrainien et russe.

Face à la jungle des nationalismes, ceux qui renaissent comme ceux qui sont seulement endormis, pour ne pas finir comme les prolétaires palestiniens, slaves, irakiens, afghans, libyens, syriens, kurdes, le mot d’ordre du prolétariat international doit redevenir celui du défaitisme révolutionnaire: le refus net et total de prendre parti pour un camp ou pour l’autre, de soutenir telle ou telle bourgeoisie, et en premier lieu la « sienne ».

Aucune « patrie n’est en danger », aucune « démocratie n’est violée », il n’y a pas « d’envahisseur ennemi », et on ne trouve pas « d’armées libératrices »: l’unique classe menacée est  le prolétariat, qui ne doit pas tomber dans ce piège mortel!

La seule voie pour éviter d’autres massacres passe par :

  1. le refus des sacrifices économiques et sociaux au nom de « l’économie nationale » ;
  2. l’organisation de la lutte et de la défense des conditions de vie et de travail des prolétaires pour gêner sérieusement l’engagement guerrier de la bourgeoisie;
  3. la rupture ouverte de la paix sociale et le retour décisif aux méthodes et aux objectifs de la lutte de classe, la seule véritable solidarité internationaliste des prolétaires, tant dans les métropoles que dans les périphéries impérialistes;
  4. le refus de tout engagement partisan (nationaliste, religieux, patriotique, mercenaire, humanitaire, pacifiste) en faveur d’un quelconque front impérialiste;
  5. la grève générale contre tous les types de mobilisation guerrière.

C’est uniquement sur ces bases, qui exigent l’indépendance de l’action du prolétariat, qu’il sera possible d’organiser un défaitisme révolutionnaire affirmé, qui permettra d'effriter et de briser le front belliciste et d’ouvrir la voie à la lutte de classe.

Dans cette lutte nécessaire, nos alliés sont les prolétaires du monde entier, et en particulier ceux des pays martyrisés par les guerres impérialistes. Ne le sont pas et ne le seront jamais tel ou tel État bourgeois, telle ou telle faction bourgeoise, même armée ou « résistante »,  quel que soit son rôle, séculier ou religieux, réformiste ou –  pire encore – soi -disant socialiste.

La crise économique profonde et les interventions armées qui se sont succédé ces dernières décennies démontrent que le mode de production capitaliste est arrivé à son terme: sa longue agonie n’est que destruction. L’outil pour lui donner le coup de grâce est l’organisation dans le parti communiste international.

21 février 2022